Le jour où Anita envoya tout balader: lecture oubliable?

J’avais envie d’une lecture légère mais pas trop simpliste. Ayant beaucoup aimé le premier roman de l’auteur, ‘La bibliothèque des coeurs cabossé’ , je me suis lancée dans son deuxième opus. Le résumé laissait présager une lecture moins captivante. Mais je ne me suis pas fiée à la quatrième de couverture, et pourtant…

Anita envoya tout balader de quoi ça parle?

Attention, gros spoilers !

Anita 38 ans voit sa fille Emma 19 ans partir à l’Université, à 2 heures de la petite ville suédoise où elles vivent. Elle se retrouve alors seule entre un travail un peu monotone au supermarché du coin, et beaucoup beaucoup de temps libre! Alors quoi faire face au syndrome du nid vide quand on vit dans une petite ville suédoise et qu’après avoir eu un enfant très tôt on a renoncé à une partie de ses rêves? Eh bien, prendre des cours de moto et tomber « follement amoureuse » de son instructeur (souffrance pour le lecteur), et s’investir dans la vie locale pour organiser la fête de la ville « intrigue plus digeste mais qui ne sauve pas non plus le roman. » Pour comprendre ce qui cloche avec Anita petit retour à La bibliothèque des coeurs cabossés Le premier roman de Katarina Bivald qui mettait en scène une jeune suédoise voyageant aux Etats-Unis pour rencontrer une vieille dame avec qui elle partageait son amour de la lecture était clairement un feel good où tout se termine bien. Pourtant, le récit avait une certaine profondeur. On sentait l’influence que les auteurs Américains avaient pu avoir sur Katarina Bivald dans la description d’une petite ville oubliée des pouvoirs publics. Les habitants y sont un peu désespérés faisant face à des difficultés économiques, ils ont chacun des problèmes de confiance en eux. A partir de ce cadre morose, l’auteur avait su créer un récit très vivant avec une communauté pleine d’habitants loufoques et drôles entretenant une certaine solidarité, une gallerie de personnages hauts en couleur, que j’avais rarement rencontrés auparavant dans mes lectures.

Alors qu’est ce qui ne va pas avec Anita?

On retrouve pourtant dans le roman des caractéristiques semblables, petite ville, héroïne paumée mais attachante (au début), quotidien morne.

Mais ça ne marche pas pour deux raisons:

– La narration : le livre est structuré en une cinquantaine de chapitres tous du point de vue d’Anita, ainsi les autres personnages, deux vieilles dames, une ado qui cherche sa voie, une conseillère municipale aux dents longues, passent directement au second plan. C’est dommage parce que tout ces personnages composent une respiration bien venue dans l’étouffante romance entre Anita et Lucas le moniteur de moto école.

– L’histoire d’amour, on y vient: banale,prétexte à d’ interminable scènes de créneaux ratés sur des parkings, pleine de rebondissements gonflante, c’est le gros point noir du roman. Peut-être que Katarina Bivald a voulut s’inspirer de l’histoire développée dans son premier livre entre une bigotte un peu coincée et un jeune homme de quinze ans de moins qu’elle. J’avais trouvé cette rencontre touchante et très bien amenée. Là c’est tout le contraire, quand la romance devrait donner de la légèreté au récit, elle l’alourdit. Malgré les 20 premiers chapitres assez agréables à lire, ce roman m’a vraiment déçue. Il m’a toutefois permis de me souvenir des bons moments que j’ai passé en lisant La bibliothèque des coeurs cabossés. Alors, si Katarina Bivald publie à nouveau, je me laisserai tenter.

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