Rien de plus grand / Hate list: petite comparaison

Vous verrez, cet article a tout à fait sa place dans la rubrique FeelBad. Avec le beau temps qui revient, j’aurais aimé écrire quelque chose de plus gai.

Entrons dans le vif du sujet. J’ai regardé il Il y semaines la minisérie « Rien de plus grand » sur Netflix: le portrait de Maja, une lycéenne Suèdoise, seule survivante de la fusillade qui a eu lieu dans son lycée. En est-elle la victime ou l’une des instigatrices ? Mon visionnage ayant laissé quelques questions en suspend, je me suis lancée dans la lecture croisée de deux romans: Le livre éponyme de Malin Persson Giolito qui a inspiré la série, et Hate list de Jennifer Brown qui traite du même sujet.

Petit résumé des intrigues

Attention spoilers.

« Rien de plus grand », le livre, s’ouvre sur une description de la salle de classe, lieu du drame. Les victimes sont présentées: un prof, le petit ami de Maja (fils de la plus grosse fortune de Suède), son dealer, Amanda (meilleure amie de Maja), et Samir (un autre étudiant.) Le récit alterne ensuite entre le déroulement du procès, la jeune fille étant soupçonnée d’avoir prémédité les événements,et des flashbacks qui nous aident à y voir plus clairs dans ce qui est arrivé. Dans Hate list, nous faisons connaissance avec Valery, qui avec son petit ami Nic tenait une liste des élèves les plus insupportables du lycée. Un matin, dans la cafétéria, Nic ouvre le feu sur ses étudiants, et d’autres qui se trouvaient sur son chemin. Nous retrouvons Valery quelques mois plus tard lors de son retour au lycée. Elle doit faire face au regard des autres, qui l’estiment responsable (la liste s’était son idée), et doit faire le deuil de Nic dont elle ignorait la nature violente.

Les narratrices : Maja et Valéry

Même si elles sont très différentes, l’une Suèdoise l’autre Américaine, l’une de la classe moyenne supérieure, l’autre moins privilégiée, Maja et Valery ont de nombreux points communs. J’en développerai 2 ici. C’est leur voix qu’on entend : elles sont toutes deux narratrices de l’histoire, c’est uniquement à travers leur prisme qu’on suit les événements. J’ai trouvé cela très réussi dans « Rien de plus grand ». Maja est un personnage attachant même si tout est fait pour qu’on la déteste. Son implication dans les événements est trouble, le regard qu’elle porte sur le monde et l’autre est sarcastique, parfois cruel. Mais son histoire, même si c’est elle qui la raconte, nous laisse découvrir une jeune fille généreuse et perdue, entraînée dans une spirale destructrice parce qu’elle est incapable de demander de l’aide. J’ai eu plus de mal avec Valery. Elle est touchante de par son envie de dépasser son traumatisme et les sentiments forts qu’elle continue à nourrir envers son petit ami criminel, mais c’est un personnage sombre et étrange auquel je ne me suis pas attachée.

Elles ont toutes les deux des parents complètement largués : opportunistes et frivoles, les parents de Maja voient la relation de leur fille avec son petit ami Sebastian devenir toxiques, dangereux, mais ne lèvent pas le petit doigt. La série essaie d’ailleurs d’adoucir cet aspect de l’histoire avec une scène de restaurant où son père refuse qu’elle reparte avec son copain, manifestement défoncé. Les parents de Valery, eux sont en plein divorce, se disputent sans cesse, obligeant leurs enfants, à se tourner vers n’importe quoi, n’importent qui, pour échapper à une vie familiale épuisante. Pour Valery, ce sera son petit ami Nic, qui cultive des pensées très noires qu’elle finira par partager dans des échanges de mails, ce qui lui vaudra pas mal d’ennuis par la suite. Tout ça pour nous faire comprendre que la situation familiale des jeunes impliqués dans ce genre de drame joue un rôle important. Rien de très original, mais les deux auteurs amènent le sujet adroitement, surtout Jennifer Brown qui démontre bien à quel point la mésentente des parents de Valery l’affecte tout au long du roman.

Si je devais en conseiller un, lequel?

Sans hésiter « Rien de plus grand ». Le récit est très prenant et les alternances entre le procès, le déroulement du drame, et les flashbacks sont habilement fragmentée. L’auteur nous donne juste ce qu’il faut d’indices sur la suite de l’histoire pour nous donner envie de continuer. Maja est un personnage bien écrit, et une bonne narratrice, dont les actes irréfléchis contrastent étrangement avec sa personnalité mature. Le livre est moins glauque que Hate list, dont j’ai dû sauter des passages tant l’univers de Valery est sombre et violent. Elle se heurte sans cesse au rejet des autres, de son père )à ses camarades de classe. Je ne remets pas en question l’écriture de Jennifer Brown qui relate les événements avec un réalisme saisissant.

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