Ces livres qui ont fait Scandale #1

Madame Bovary – Gustave Flaubert –

Si aujourd’hui certains livres choquent par les sujets abordés, certains auteurs en font leur fonds de commerce, au XIXe et XVIIIe et plus loin encore, des livres aujourd’hui considérés comme des chefs d’œuvres , ont choqué en leur temps, allant même jusqu’au procès. Ce fut le cas pour Madame Bovary

Ce roman de Flaubert, fut tout d’abord publié dans la Revue de Paris entre octobre et décembre 1856, avant d’être publié en deux parties en 1857 aux éditions Michel Lévy.

L’histoire 😦 contient des spoilers)

Tirée d’une histoire vraie, Madame Bovary raconte l’histoire d’Emma Rouault, fille d’un riche fermier élevé dans un couvent. Elle rêve d’une vie mondaine. Elle pense échapper à sa condition en épousant Charles Bovary, un médecin de campagne. Mais très vite elle déchante. Son mari n’a aucune ambition, et sa vie est routinière, alors que la fougueuse Emma ne rêve que d’aventures.
Après avoir déménagée à Yonville-l’Abbaye, où elle côtoie quelques personnalités locales dont Léon et Rodolphe, elle goûte à la maternité. La naissance de sa fille la distrait un peu, mais elle s’en lasse rapidement. Elle prend alors Rodolphe pour amant, puis Léon, et emprunte des sommes d’argent à un marchand. Abandonnée par ses amants et couverte de dettes, elle décide de mettre fin à ses jours.

Le scandale

Dès sa parution dans la Revue de Paris, c’est le scandale, alors même que les directeurs de publication de la revue apportent des corrections à l’œuvre, la jugeant trop immoral. La censure du second Empire est à son paroxysme.
Après la publication de la dernière partie, Flaubert et son imprimeur sont accusés « d’outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ». Il est reproché à l’auteur d’avoir remis en cause l’institution du mariage et d’avoir peint le portrait d’une femme mariée qui se plaît dans l’adultère et y trouve son bonheur.
Flaubert et son imprimeur comparaissent le 29 janvier 1857, devant la sixième chambre correctionnelle de la Seine, avec pour substitut du procureur impérial Ernest Pinard. C’est ce même substitut et la même chambre correctionnelle qui condamneront Charles Baudelaire, pour Les Fleurs du Mal, pour le même chef d’inculpation.
Pour l’accusation, l’œuvre approuve l’adultère alors pour la défense, au contraire, l’histoire montre l’horreur du vice.
Le substitut du procureur impérial, dans son réquisitoire d’une heure trente, décortiquera le roman entier et dira « Ce que l’auteur vous montre, c’est la poésie de l’adultère, et je vous demande encore une fois si ces pages lascives ne sont pas d’une immoralité profonde. »
L’avocat de Flaubert fera une plaidoirie de quatre heures, au terme de laquelle il sera acquitté. Le roman paraîtra en avril 1857 et sera soutenu par la critique. Le livre connaîtra le succès, le procès lui ayant offert une certaine publicité.

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